Plus sensible que n’importe quel autre instrument précédemment conçu, ce nouveau télescope nommé Vista (pour Visible and Infrared Survey Telescope for Astronomy) est dédié au visible et à l’infrarouge. Installé sur le site du VLT au Chili, cet instrument étonnant vient d’entrer en service.
Vista n’est pas exceptionnel par rapport au diamètre de son miroir primaire (de petite taille si on le compare aux instruments actuels), mais plutôt par sa conception : avec une très courte focale (comme pour un grand angle en photographie) il peut photographier des vastes régions du ciel. Son diamètre de 4,10 mètres et sa focale d’environ 13 mètres lui donnent une ouverture de f:3,25, il est donc très lumineux.
Le télescope Vista installé à son poste de travail. Crédit Martin Cullum/ESO
Vista se fait aussi remarquer avec sa stupéfiante caméra de 67 millions de pixels. Pesant 3 tonnes, ses 16 détecteurs refroidis à -200 degrés Celsius offrent la plus grande fenêtre d’observation dans l’infrarouge jamais obtenue (0,85 à 2,3 microns de longueur d’onde).
Le volume de données enregistrées par cette caméra représente 300 gigaoctets par nuit soit plus de 100 téraoctets par an ! Les centres de données des universités de Cambridge et d’Edimbourg (Royaume-Uni) traitent les images et les classent dans des catalogues de données, mis à la disposition de la communauté astronomique internationale.
Pour tester Vista, les astronomes ont fait comme un amateur venant de s’offrir un nouvel instrument en pointant la belle constellation d’Orion, et plus précisément la célèbre nébuleuse de la Flamme. (Crédit ESO)
Puis le lointain amas de galaxies de la constellation du Fourneau dont les spectaculaires NGC 1365 et NGC 1399. (Crédit ESO)
Ces deux images confirment le potentiel de cet instrument. En effet, Vista permettra de mieux étudier les astres cachés dans des nuages de poussières ou tellement lointains, que la lumière qu’ils émettent est décalée vers l’infrarouge, en raison de l’expansion de l’Univers.